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Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
By PanDoktor Posted in Histoire, Mémoire on 18 août 2017 19 min read
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Auschwitz, Oświęcim en polonais. Petite bourgade cracovienne devenue le plus grand camp d’extermination nazi, symbole à jamais honni du génocide juif et de la folie nazie. Beaucoup d’Ukrainiens, de toutes conditions et de toutes obédiences, franchirent eux aussi cette porte de l’enfer.

Créé en mai 1940, dans un premier temps pour l’intelligentsia polonaise de la région, le camp passe l’année suivante de 700 à 10.000 détenus en un temps record. À cette date la plupart des prisonniers sont soviétiques, soldats de l’Armée Rouge souvent originaires d’Ukraine. Ils sont tatoués, marqués d’un R pour “Russe” quelle que soit leur véritable nationalité, et réduits à l’état d’esclaves bon marché de l’industrie allemande. Siemens, BASF, IG-Farben et Krupp (pour ne citer que ces marques bien connues) installent leurs ateliers à proximité. Mais à partir de l’hiver 41 nombre de ces premiers arrivants servent avec 900 autres prisonniers politiques polonais de cobayes à la solution finale: ziklon B, phénol, crémation, etc… Mixte l’année suivante, le camp devient avec Ravensbrück un important pourvoyeur de cobayes féminins.

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
Igor Malytsky, 90 ans en 2015, survivant ukrainien d’Auschwitz. Sur les réseaux sociaux, les Russes l’ont noyé de commentaires odieux à cause du ruban patriotique jaune et bleu qu’il arborait sur les lieux-mêmes de sa déportation.

D’innombrables Ukrainiennes sont soumises aux expériences “médicales” des docteurs Clauberg puis Mengele. Soutenus par Himmler en personne, ces SS en blouse blanche voudront mettre au point une méthode de stérilisation rapide en vue d’aryaniser l’Europe slave. Bizarrerie de la diplomatie, Karl Clauberg, auteur du projet “stérilisation”, sera libéré par les Soviétiques en 1955 comme de nombreux autres criminels nazis.

La création de l’Ostland, “terre promise” des hitlériens en quelque sorte, supposait donc à terme le déplacement et l’anéantissement des populations habitant les terres fertiles d’Europe orientale, à savoir les plaines d’Ukraine, pays qu’Hitler évoquait souvent. D’après le plan général Ost datant du 7 octobre 1939, la germanisation de l’Ukraine faisait en effet partie des principaux objectifs du Reich nazi et prévoyait même l’installation de 90 millions d’Allemands (sur 130 dans toute l’Europe). En 1942 la SS fut chargée d’administrer les premières implantations agricoles du Reich en Ukraine, et non sans hasard la direction du projet fut attribuée au général SS Oswald Pohl, par ailleurs directeur du système concentrationnaire nazi, dont il savait tirer tout le bénéfice… y compris à ses fins personnelles.

Toutefois, si dans un premier temps les Slaves doivent être utilisés comme force de travail, le délire raciste des dignitaires nazis s’en prend prioritairement aux Juifs. A peine sept ans avant cela, dans le même silence du monde et sur ces mêmes terres noires, le pouvoir russo-bolchevique avait planifié et mis en œuvre en à peine quelques mois l’extermination de plusieurs millions d’Ukrainiens par la faim (v. le dossier spécial). 

A Auschwitz-Birkenau-Monowitz, complexe d’une quarantaine de camps, le gaz est employé en plus de la faim. C’est à partir de 1942 la plus grande usine-à-tuer jamais construite. Capable d’anéantir en à peine 30 minutes un millier d’êtres humains, elle n’épargnera en moyenne durant ses quatre années d’existence qu’un seul déporté sur quinze. D’après les études officiellement reconnues, près d’un million de Juifs y auraient été exterminés, soit près d’1/5éme de la Shoah.

Nationalistes ukrainiens

Parmi les prisonniers politiques de la première époque en 1941, figurent environ 250 activistes de l’OUN dite « révolutionnaire », une faction de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens créée par Stepan Bandera en février 1940. Cette branche dissidente de l’OUN conteste l’autorité du colonel Andryi Melnyk, plus enclin à une alliance avec le IIIe Reich. La proclamation de l’État Ukrainien diffusée sur les ondes de Lviv sans l’assentiment d’Hitler une semaine seulement après l’invasion de l’URSS en juin 1941, mais surtout le refus de la part de Stepan Bandera d’abroger cette proclamation, exposera les bandéristes aux tortionnaires de la Gestapo. Une première vague d’arrestations, puis six mois plus tard une directive spéciale du Führer rendant tout bandériste exécutable sans procès 1 déclencheront ce que certains historiens ukrainiens appellent la guerre ukraino-allemande. La « collaboration » des bandéristes se résume donc à deux bataillons de reconnaissance destinés à combattre l’Armée rouge durant quelques semaines, mais la propagande anti-ukrainienne fait de Bandera « le » collabo par excellence et ne traite les nationalistes ukrainiens qu’en tant qu’auxiliaires de la Wehrmacht, sans parler de la SS ni de l’affaire Demjanjuk qui contribua largement à la popularisation de cette mauvaise image.

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
M. Omelan Koval, nom de guerre « Damien », membre de l’OUN bandériste arrêté à Lviv le 15 septembre 1941 lors des rafles antinationalistes et envoyé à Auschwitz en juin 1942.

Mais c’est méconnaître tout ce que ces militants exceptionnels endurèrent à la fois des Allemands, des Polonais et des Soviétiques. À Auschwitz comme dans les autres camps, les nationalistes ukrainiens ne pourront compter que sur eux-mêmes. La lutte qui a lieu dehors entre résistants ukrainiens et polonais se prolonge jusque dans l’antre de la mort. Des Polonais torturent les deux frères de Stépan Bandera à peine internés, on les retrouve sans vie. D’autres OUN-istes sont mutilés afin de les rendre inaptes au travail et bons pour la chambre à gaz.

Parmi les « politiques » rescapés d’Auschwitz, citons Omelan Koval, infatigable publiciste, fondateur de l’Association de la Jeunesse Ukrainienne en Belgique, dirigeant de l’organisation au niveau mondial et membre éminent du mouvement bandériste en émigration. A son arrivée au camp, son groupe d’une vingtaine de militants est accueilli par un nabot muni d’une matraque qui les effraie en leur criant en polonais: Vous ne sortirez de là que par la cheminée! Dans ses souvenirs de prisonniers, le nonagénaire explique: Les Polonais du camp furent les premiers à vouloir nous exterminer, mais au bout d’un mois nous finîmes par leur faire comprendre que cette politique ne servirait pas leurs intérêts face à notre ennemi commun. Entre-temps ils avaient déjà tué huit compagnons. Un jour ils voulurent même noyer le frère de Stepan Bandera dans un tonneau devant les prisonniers. Il a fallu crier et risquer le peloton pour sauver le frêle jeune homme. Une nuit, sans bruit, Vasyl Bandera fut emmené. Il ne revint jamais… 2

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
Omelan Koval, n° de matricule 49730

Quant à elles, les femmes apparentées à l’OUN se retrouveront le plus souvent à Ravensbrück, parmi 3.000 ostarbeiters ukrainiennes déportées pour “sabotage”. Les 21 sympathisantes ou membres actifs de l’OUN amenées ici auront souvent, comme leurs homologues masculins, déjà connu la déportation.

On le sait bien moins encore, mais la Pologne fut le deuxième pays d’Europe après l’Allemagne à se doter d’établissements comparables aux premiers camps de conconcentration nazis. En juin 1934, le ministre de l’Intérieur polonais Bronislaw Pieracki — ordonnateur des pogroms antantiukrainiens du début des années trente — avait accueilli l’idéologue attitré du troisième Reich, Joseph Goebbels. Après le pacte germano-polonais signé en janvier de la même année, les Nazis délivrèrent de précieux conseils à la Pologne devenue dictatoriale, révisionniste, c’est à dire opposé aux traités de la 1ère Guerre, et surtout opposée à ce que les ethno-nationalistes appelaient zhydo-komuna, la Commune juive, variante polonaise de la formule “judéo-bolchevique”.

Les plans du camp d’Oranienburg-Sachsenhausen, prototype des premiers camps nazis, inspirèrent Pieracki. Abattu par l’OUN quelques jours seulement après la visite de Goebbels, sa disparition n’empêcha pas la création du camp de Bereza-Kartouzka deux mois plus tard (aujourd’hui Barioza, dans le sud-ouest bélarus, petit bourg juif jusqu’en 1942). Tout naturellement, c’est sur les territoires ukraino-belarus de Polésie que l’Oranienbourg polonais fut installé. Presque tout y était calqué sur les konzlagers nazis : détention au secret, triples barbelés, torture, faim, froid et prisonniers déshumanisés, réduits à leur seul matricule. Malgré une campagne de presse du Manchester Guardian, l’indifférence occidentale ne fit qu’accroître le supplice des Ukrainiens amenés ici. Le plus souvent, leur seul tort était d’appartenir à la couche cultivée de la population ukrainienne, qu’elle fût de droite ou de gauche.

Volodymyr Yaniw — auteur, entre autres, d’un doctorat en psychologie sur les affects du prisonnier ainsi que d’émouvants poèmes sur sa propre captivité — y fut déporté. Il allait connaître Auschwitz quelque temps plus tard. Sa femme Sophie (née Moïssewytch), elle-même arrêtée pour ses activités politiques, allait jouer un grand rôle après-guerre dans l’élaboration de l’Encyclopédie Ukrainienne éditée notamment en France par la diaspora. Daria Hnativska, impliquée dans l’attentat contre Pieracki et qui avait pris « perpette” en 1936, sera internée à Bereza. Tout aussi pourchassée par les nazis, elle survivra également à Ravensbrück, où elle est déportée avec sa fille de 18 mois après avoir refusé de livrer son mari, Mékola Lebed, qui n’était autre que le chef du renseignement de l’OUN-B, plus connu sous son nom de guerre comme le Diable.

Parmi les internés de Bereza, citons également Youri Choukhevytch, considéré comme le plus charismatique des leaders nationalistes ukrainiens. En 1943 les bandéristes confieront à ce jeune ingénieur des ponts et chaussées, tacticien du service “action” de l’organisation, la création de la fameuse UPA, l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne.

Shoah et propagande russe

Si l’OUN et plus généralement l’intelligentsia ukrainienne se rendront “coupables” aux yeux des autorités allemandes pour leurs idées ou leurs actions, tout autre sera le sort des juifs d’Ukraine exterminés pour leur seule origine.

Dès l’automne 41 de grands massacres débutent en Ukraine centrale. Babyn-Yar, un ravin près de Kiev, deviendra la géhenne de 70.000 Juifs, tandis qu’en Ukraine occidentale une grande partie d’entre eux sera déportée vers les camps de la mort. Au total, environ trois quarts des Juifs vivant sur les différents territoires ukrainiens périront au cours de la Deuxième Guerre mondiale, soit un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants.

Babyn-Yar sera aussi le tombeau de milliers de Tsiganes, d’Ukrainiens et autres nationalités capturés dans la région : marins de la flottille du Dnipr, officiers de l’Armée Rouge, joueurs du Dynamo Kiev, poètes, intellectuels, notamment nationalistes, comme probablement la courageuse poétesse Olena Teliha qui en février 42 passa à la clandestinité avec d’autres nationalistes melnékistes.  L’ami de la poétesse, Oleh Kandyba, cadre dans la même organisation et lui-même poète, sera pendu à Oranienburg deux ans plus tard.

Il y a quelques années, la municipalité de Kiev avait offert un hectare du site de Babyn-Yar, pourtant protégé, à une association américaine désireuse d’y construire un centre culturel juif, projet ressenti par de nombreuses associations, dont l’Institut Judaïque d’Ukraine, comme une véritable profanation.

27 janvier 1945 :
des Ukrainiens découvrent
et libèrent Auschwitz

En grande partie évacué, Auschwitz-Birkenau fut découvert – sans ordre, dit-on – le 27 janvier 1945 par des soldats entre autres ukrainiens. Les images de cette “libération”, reconstituée plus tard à l’aide de la population locale et arrangée pour les besoin de la propagande, feront le tour du monde. Quant aux 15.000 prisonniers de guerre de l’Armée Rouge déportés ici, seule une centaine avait survécu: 1 déporté sur 150. Au total, moins de la moitié des 400.000 Ukrainiens internés dans les différents camps nazis n’en reviendront jamais. Pire, les accusant de “collaboration”, Staline prolongea le supplice de milliers de survivants en les envoyant en Sibérie.

Le camp de Sachsenhausen près de Berlin, où fut détenu Stepan Bandera, sera même réutilisé par les Soviétiques après guerre. Tabou suprême, de nombreuses jeunes Ukrainiennes, souvent enrôlées de force dans les “bordels à soldats” allemands seront passées par les armes.

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Lev Rebet, un des leaders nationalistes ukrainiens internés à Auschwitz. Quinze ans plus tard, bien que modéré et démissionaire de l’OUN depuis quelques mois, Rebet sera assassiné par Krouchtchev. Toujours le gaz.. cette fois du cyanure (?) expulsé d’un pistolet. Ce genre d’arme tuera, à peine deux ans plus tard, le leader ukrainien Stepan Bandera.

Quant aux OUN-istes d’Auschwitz, évacués vers Mauthausen en Autriche, ils se retrouveront en zone américaine en mai 1945 et choisiront bien évidemment l’exil. En Ukraine, Pologne et Tchéquo-Slovaquie, la résistance de l’UPA ne prendra fin qu’au début des années 50. Lev Rebet, ancien d’Auschwitz et dirigeant de l’OUN-B en émigration, sera assassiné par le KGB à Munich en 1957, tout comme Stépan Bandera, deux ans plus tard. D’autres OUN-istes se distingueront également lors de l’insurrection hongroise de 1956.

Le tribut de l’Ukraine à la seconde guerre mondiale est particulièrement lourd. Par rapport à l’ensemble des pertes civiles tous pays confondus, 16% sont originaires d’Ukraine, soit 5,5 millions dont 1,5 millions de Juifs. Un soldat sur dix morts au front fut originaire d’Ukraine, soit presque autant que les Américains. Au total, l’Ukraine aura perdu dans cette guerre 1 habitant sur 5, soit huit millions de personnes.

Libération d’Auschwitz:
vers la fin d’un monopole russe?

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
Anatoly Kovalevsky commandait une colonne blindée de l’Armée rouge. Il fut mortellement blessé devant Birkenau. Sa tombe se trouve à Lviv sur la « colline des héros » (soviétiques).

Les premiers à passer le célèbre portail « Arbeit macht frei » d’Auschwitz furent les soldats de la 107e Division d’infanterie de Lviv (60e armée du Premier Front Ukrainien). 3 Un bataillon de cinq cents hommes avait dans un premier temps déminé les abords du camp et nettoyé les dernières résistances. Le camp avait été évacué une semaine avant l’arrivée de l’Armée rouge. Une marche de la mort tua des dizaines de milliers d’internés. Le bataillon commandé par Anatoly Shapiro libéra les plus affaiblis. Il fut immédiatement frappé par l’irréalité du tableau: quelques silhouettes squelettiques erraient pieds nus en tenue rayée sous la neige, et cette neige était noire… de cendre. Des corps en décomposition peuplaient les baraquements. Ni les soldats, ni les survivants ne voulaient croire en cette scène. Juif lui-même et originaire de la région de Poltava, le colonel Shapiro émigrera aux États-Unis à la fin de sa vie.

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
Le colonel Petrenko commandait la 107e division d’infanterie de Lviv lors des combats d’Auschwitz.

Quant au camp d’extermination proprement dit (Auschwitz II Birkenau) c’est le colonel ukrainien Vasyl Petrenko qui le libéra. C’est lui qui découvrit les montagnes de petites bottines d’enfants et de cheveux de femme. Un autre officier ukrainien de l’Armée rouge, Anatoly Kovalevski, fut lui aussi de la libération d’Auschwitz, mais en y trouvant sa propre mort… Un autre tankiste ukrainien eut plus de chance : Ihor Pobirtchenko est celui qui enfonça les barbelés d’Auschwitz. Il allait par la suite devenir un des plus célèbres juristes d’Ukraine soviétique. Au total, la libération du camp permit de sauver la vie à 7.000 personnes très affaiblis et laissés à l’abandon dans les pires conditions. 230 soldats soviétiques périrent lors des combats dans les bourgs attenants.

AU 70e ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION D’AUSCHWITZ EN 2015, la Russie n’espéra même pas trouver un peu de légitimité lors des commémorations. Poutine avait décidé qu’il ne s’y rendrait pas, sans doute trop occupé à bombarder l’Ukraine… 4 Et tant qu’on le laissait faire, il n’avait nul besoin de demander au monde civilisé la place d’honneur que la Russie revendique habituellement. Les médias russes s’arrangèrent pour tourner l’affaire à l’avantage de Moscou, on parla de réécriture de l’histoire et de révisionnisme sacrilège.

Au vrai, on se passa très bien d’un tel représentant. Même les Juifs n’en voulurent pas! Après tout, l’exploit dont les Russes s’arrogent depuis la Seconde Guerre mondiale est aussi bien celui des Ukrainiens. A cette différence que l’Ukraine d’aujourd’hui honore de vrais héros anti-totalitaires (Stepan Bandera) tout en reprenant à son compte une pléthore de colonels Shapiro certainement plus soviétiques qu’ukrainiens… Pour nombre de Russes et de nostalgiques de l’URSS, c’est contradictoire. On pourrait opposer la même objection côté nationaliste. Mais nous ne sommes pas dans le monde de l’histoire. Il ne s’agit que de mémoire et le récit doit plaire à tout le monde.

Auschwitz, l'OUN et l’Ukraine
Auschwitz, 27 janvier 2015. Le président ukrainien Pierre Porochenko, une survivante et un libérateur ukrainiens à ses côtés

Il nous parait d’autant plus important de conter cette mémoire que des chefs d’État laissant faire Poutine n’ont pas plus de légitimité à célébrer – avec ou sans lui – le dernier jour d’Auschwitz. On se demande d’ailleurs quel genre de prétentions pourraient encore avoir cette Russie, croulant déjà sous la gloire et des médailles reçues en dot. N’est-ce pas la Russie qui assiégeait l’Ukraine au moment du grand recueillement? N’est-ce pas la Russie qui l’accusait de fascisme pour mieux l’attaquer ? N’est-ce pas cette même Russie qui entendait briser l’Ukraine et l’idée-même de nation libre? N’est-ce pas la Russie qui faisait payer à l’Ukraine son choix européen? Poutine est un incendiaire. Et un incendiaire n’a pas sa place au milieu des cendres.  ◊

Nicolas Sviatoslav Mazuryk

Chronologie succincte

  • août 1939 : Pacte germano-soviétique
  • septembre 1939 : Hitler et Staline se partagent la Pologne
  • octobre 1939 : plan général Ost prévoyant la germanisation de l’Ukraine
  • mai 1940 : création du 1er camp d’Auschwitz (internement de l’intelligentsia polonaise)
  • juin 1941 : invasion de l’Urss, proclamation de “L’État Ukrainien” par les bandéristes sans l’assentiment d’Hitler
  • automne 1941 : massacres de Juifs en Ukraine
  • fin 1941 : 250 activistes de l’OUN-B déportés à Auschwitz
  • hiver 1941 : premiers essais de gazage à Auschwitz (prisonniers polonais et soviétiques)
  • 1942 : Auschwitz-Birkenau-Monowitz peut exterminer jusqu’à mille déportés en 30 mn
  • Automne 1942 : des déportés polonais torturent à mort les deux frères de Stépan Bandera à peine arrivés
  • 27 janvier 1945 : libération d’Auschwitz par des soldats ukrainiens de l’Armée rouge
  • 1957 : assassinat de Lev Rebet, ancien d’Auschwitz et dirigeant de l’OUN-B en émigration, probablement par le KGB

  1. L’ordre signé du 25 nov. 1941 fut versé au procès de Nuremberg sous le numéro 014-USSR-n°7.
  2. Entretien vidéo en ukrainien avec Omelan Koval, dernier survivant de son groupe.
  3. En 1943 et 1944, l’Armée rouge enrôla 400.000 Ukrainiens, ce qui représente 40% des effectifs du groupe d’armées appelé « Front Ukrainien ». La 60e Armée, engagée autour d’Auschwitz, comptait 43.000 Russes et 38.000 Ukrainiens. Dans les deux dernières semaines de Janvier 45, la 107e division d’infanterie de Lviv perdit 77 hommes, dont 65 originaires d’Ukraine. Source: Istorytchna Pravda.
  4. Trente morts dans Marioupil assiégée, au moment où ces lignes étaient écrites (janvier 2015).

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