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La bataille de Krouté
29 janvier 1918
By PanDoktor Posted in Histoire, Mémoire on 28 janvier 2018 18 min read
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Il y a 100 ans eut lieu la bataille de Krouté, une des plus vénérées en Ukraine pour sa dimension particulièrement sacrificielle. Elle est célébrée le 29 janvier, mais se déroula essentiellement dans les premières heures du 30 janvier 1918. La jeune garde ukrainienne livrait alors son premier combat contre l’invasion bolchevique. Combat en tout inégal qu’elle ne pouvait remporter, mais devoir sacré dont elle sut courageusement s’acquitter. 

La horde rouge dix fois supérieure en nombre alignait 4.000 soldats et fusiliers marins. Contre elle, des cadets, des volontaires encore frais émoulus, de jeunes recrues, quelques cosaques. Pour la République Populaire d’Ukraine (UNR) qui n’était indépendante que depuis quelques jours, retarder les colonnes russes arrivant du Nord relevait d’une nécessité absolue.

Plus à l’est, les régions de Kharkiv et de Poltava étaient déjà occupées. Comme de nos jours, les Russes choisirent de prendre d’abord appui en Ukraine orientale et méridionale. Avant de frapper le cœur du pays, ils s’emparèrent de Kharkiv le 26 décembre 1917 et y installèrent un gouvernement fantoche. Un mois plus tôt à Odessa, l’UNR encore autonome évita manu militari le même scénario. L’armée d’invasion forte de 30.000 hommes se composait de militaires de l’armée régulière ainsi que des fameux « Gardes Rouges », troupes plus ou moins paramilitaires et levées surtout dans le Donbass et la région de Kharkiv dans l’est du pays. Des « soulèvements » populaires, très clairement armés et fomentés par les bolcheviques russes éclatèrent dans toute l’Ukraine.

La bataille de Krouté
Des haïdamaks devant une automitrailleuse

Des volontaires du Donbass et de Kharkiv s’enrôlèrent également dans les troupes indépendantistes loyales à la Rada centrale, autrement dit l’Assemblée ukrainienne. Les bataillons de « Haïdamaks », souvent composés d’officiers et de soldats de l’est, jouèrent un rôle capital durant l’opération antibolchevique lancée à Kiev. Les Gardes rouges avaient reçu l’ordre de marcher sur la capitale, tandis qu’à Brest-Litovsk les pourparlers de paix avec l’Allemagne et l’Autriche étaient sur le point d’offrir à l’Ukraine non seulement la pleine reconnaissance de son indépendance, mais de larges territoires allant du Nord-Caucase au sud de Lublin. Trotsky, négociant pour les bolcheviks, était encore au mois de janvier officiellement favorable à la Rada et ne tenait pas compte des directives de Lénine. La prise de Kiev par les bolcheviks devaient affaiblir la délégation ukrainienne et par conséquent atténuer ses revendications.

La bataille de Krouté
La bataille vue par Andriy Serebryakov
(huile sur toile 400х150, Kiev 2006)

Pour mettre fin à l’indépendance de l’Ukraine et chasser la Rada centrale, Lénine choisit un officier d’extrême droite passé au bolchevisme – en Russie c’est courant, et dans le sens inverse également. Pendant que les colonnes de Mouraviov entraient en Ukraine, le fameux soulèvement de l’arsenal ou plus véridiquement, la sédition militaire déguisée en soulèvement, devait faire diversion et occuper les troupes de la Rada à Kiev. Les sections endurcies de Petlioura et de Konovalets étaient aux prises avec les bolcheviques de l’arsenal. Les lignes ukrainiennes en province étaient dégarnies ou peu fiables. Pour retarder l’envahisseur quelqu’un devait être sacrifié. Les cadets n’hésitèrent pas un instant à se jeter dans cette bataille perdue d’avance.

La bataille de Krouté
Les « ouvriers », ou présentés comme tels, de l’arsenal de Kiev
La bataille de Krouté
Le colonel Mouraviev (officier à droite) ?

Dans la gare de Krouté (Kruty) située à 150 km au nord-est de Kiev, les jeunes élèves de l’académie militaire infligèrent de lourdes pertes à un envahisseur qui n’y était pas préparé. Ce jour-là se dessina devant ses yeux de rapace l’image d’une Nation indomptable. Toutefois, les quatre jours de retard arrachés ne permirent pas aux escadrons nationalistes de hacher – il n’y a pas d’autre mot – l’éternelle hydre moskovite. Les Haïdamaks de Petlioura et les Tirailleurs de la Sitch commandés par Eugène Konovalets durent affronter, en plus des Gardes rouges, quelques unités de la Rada passées à l’ennemi. Dès le 4 février, le colonel Mouraviev, pogromiste naturel, prenait les faubourgs de Kiev. Les troupes de la capitale, exténuées par d’intenses combats de rue, continrent quelque temps encore son attaque, mais au bout de trois jours d’intenses combats Kiev tombait aux mains du butor katsap.

La bataille de Krouté
Simon Petlioura et à droite Eugène Konovalets, lors de l’Unité ukrainienne proclamée à Kiev, le 22 janvier 1919, un an après la bataille de Krouté

L’hydre s’était déjà soulevée à Kiev en octobre 1917 et ses têtes repoussaient constamment, – il en pousse encore dans le Donbass de nos jours. Pas plus que celle de mars 2014, l’armée ukrainienne de janvier 1918 n’était en mesure de vaincre l’assaillant. Elle n’avait rien d’une troupe stable et aguerrie. Les officiers ukrainiens étaient éparpillés aux quatre coins du « front russe » s’étirant de Riga au Danube, sans parler du front turc et des réserves sibériennes. Les régiments loyaux à l’UNR et favorables à l’Ukraine indépendante étaient en train de se constituer. Des convois entiers de soldats ukrainiens revenaient de la Grande Guerre, mais ils étaient sans armes et dans la plupart des cas ne voulaient plus entendre parler de combats. Les colonnes russes qu’ils croisaient se trouvaient au contraire en pleine fureur révolutionnaire. Des soldats perdus pouvaient s’enrôler dans les Gardes rouges locales, d’autres piller pour leur propre compte. La propagande de Lénine était sur ses rails et avançait aussi sûrement qu’une machine de guerre. Voilà le chaos militaire et civil dans lequel les plus jeunes durent s’engager.

La bataille de Krouté
Original de l’Acte d’Union entre l’Ukraine et la Galicie (22 janvier 1919)

Or, ni les jeunes recrues, ni les cadets, ni les unités auxiliaires d’étudiants et de lycéens ne voulurent forfaire à l’honneur. L’idée ukrainienne s’incarnait en eux. Les témoins de cette époque l’ont souvent noté: c’est la jeunesse éduquée d’Ukraine qui constituait l’épine dorsale de la future armée, tandis que le gros du prolétariat non instruit prêtait volontiers l’oreille aux agitateurs bolcheviques. Ceux-là étaient partout, les défections devenaient monnaie courante. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui allait se produire…

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L’indépendance venait d’être votée dans la nuit du 24 au 25 janvier 1918. Après la Finlande, c’était la première des nations est-européennes à s’émanciper du joug moskovite, et ce malgré l’opposition active de certaines minorités encore divisées sur la question. Outre les bolcheviques purs et durs s’insinuant dans la guerre hybride lancée contre l’Ukraine, les nationalistes ukrainiens devaient s’attendre à l’opposition des mencheviques et autres marxistes de la Rada centrale groupés au sein du Bund (parti juif non-sioniste). Ils devaient aussi distinguer parmi les « SR » du Parti socialiste-révolutionnaire ceux qui plaçaient l’Ukraine plus haut que leur chère lutte des classes, ou que leur chère Russie, puisque les SR russes seront majoritairement opposés à l’émancipation de l’Ukraine y compris des années plus tard, en émigration.

La bataille de Krouté
Une affiche SR invitant le prolétariat des villes à la révolution agraire et la paix dans le monde (!)

En octobre 17 tous les partis ukrainiens participant au gouvernement comportaient un « S » dans leur sigle et se disaient sociaux ou socialistes, mais c’était bien dans l’esprit de 1917. En réalité la réforme agraire – première attente des électeurs – fut plus que timide en Ukraine au regard du fameux Décret de Lénine. Cette déception allait pousser nombre de paysans précaires dans les bras des bolcheviques. Mais pour l’heure, les pseudo-collectivistes ukrainiens dominaient largement l’opinion paysanne et avaient même obtenu le soutien de l’intelligentsia citadine.

Le texte historique du 22 janvier 1918, plus connu sous le nom de Quatrième Universal proclamant l’Indépendance de l’Ukraine est en grande partie motivé par l’hybression russe qui s’était avancée sous le masque de la révolution, et comme de nos jours, en soutien à peine avoué à des pseudo-républiques. Rédigé et lu par Michel Hrouchevskéï devant le Conseil Mineur de la Rada, dès les premières lignes il est question des pillages et des « réquisitions » de grain que la Russie était en train d’accaparer. Hrouchevskéï ajoute sans ambages : L’État populaire ukrainien doit se débarrasser des criminels payés et envoyés par Petrograd pour fouler aux pieds les droits de la République populaire ukrainienne.

La bataille de Krouté
Le Quatrième Universal, acte d’indépendance de l’Ukraine (22 janvier 1918)

A noter qu’avant l’hybression russe, l’historien et SR ukrainien Michel Hrouchevskéï n’ambitionnait guère l’indépendance de l’Ukraine. La plupart des révolutionnaires ukrainiens non plus. Jusqu’au mois de novembre 1917 on s’était contenté d’une autonomie pour les territoires ukrainiens issus de l’ex-empire tsariste. C’est sur le plan social qu’il n’était plus question de tergiverser, surtout après le Décret d’octobre : la socialisation de la terre et l’abolition de la propriété privée devinrent les hameçons des révolutionnaires ukrainiens, fussent-ils marxistes ou non.

Le ton était donné. Il faisait suite aux tentatives de putsch bolchevique vaillamment repoussées par les volontaires de l’UNR et ressemble à s’y méprendre aux discours patriotiques d’aujourd’hui. Devant l’offensive hybride et les coups de bluff de Lénine – se considérant partout vainqueur, y compris lors des négociations de Brest-Litovsk – l’Universal du 22 janvier devait surtout permettre à l’Ukraine d’apparaître aux yeux des puissances belligérantes comme un pays pleinement souverain et apte à fournir les denrées nécessaires à la guerre sans risque d’interruption ou d’interférence étrangère. Sorte de préfiguration des futures guerres du gaz, les « réquisitions » russo-bolcheviques avaient également pour but de discréditer l’Ukraine en tant qu’État et partenaire commercial.

Mais l’Ukraine dansait sur les braises. D’un côté elle promettait aux masses paysannes des réformes sociales que ses protecteurs conservateurs n’allaient jamais accepter, de l’autre elle promettait à ces mêmes protecteurs des montagnes de grain que lesdites masses n’allaient jamais fournir. Trotsky et Lénine pouvaient donc reculer et lâcher du lest à Brest-Litovsk, ils savaient que l’Ukraine tomberait tôt ou tard dans leur giron. L’inéluctable explosion sociale et les futures désillusions de Berlin quant à l’UNR ne pouvaient jouer qu’en faveur des soviets. N’étant jamais arrivés en tête dans les circonscriptions ukrainiennes ni ailleurs sur les marges de l’empire, les bolcheviques pouvaient maintenant compter sur les « masses laborieuses » d’Ukraine.

La bataille de Krouté
Invasion de l’Ukraine par Mouraviev en janvier et février 1918. Les frontières actuelles sont en blanc, celle de novembre 1917 en bleu. En jaune les frontières de la Rép. Pop. d’Ukraine occidentale. Les deux républiques fusionneront en janvier 1919.

Devant l’insuccès des slogans et des méthodes bolcheviques employées en Ukraine, les trois couronnes du nouveau régime, Lénine, Staline et Trotski avaient envoyé un ultimatum à l’UNR le 17 décembre 1917. Pour commencer, l’Ukraine autonomiste était accusée d’avoir « trahi la révolution ». Non seulement on lui intimaient l’ordre de ne plus laisser passer les volontaires anti-bolcheviques rejoignant le Don et le Kouban, mais on forçait l’UNR à ne plus désarmer les Gardes rouges ni interdire le passage des troupes bolcheviques par son territoire. Ne pas obéir au Sovnarkom risquait d’exposer l’Ukraine à une guerre ouverte avec les Commissaires du peuple, mais Petlioura et Vénnétchenko y allèrent de bon cœur, en répondant que les Bolcheviques n’avaient pas à dicter leur loi en Ukraine. C’est du reste un de ces narkoms originaires d’Ukraine, Vladimir Antonov-Ovsiyenko, qui au même moment mettait au point un plan d’asphyxie économique de l’UNR. Fin décembre 1917, les bolcheviques envahissaient l’est de l’Ukraine et transformaient Kharkiv en improbable « capitale » soviétique. L’UNR, elle, commençait à peine de constituer son armée…

Le rapport de force étaient donc aussi inégal que les méthodes employées, et la guerre hybride avait toutes les chances de continuer et d’abattre l’UNR si l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne n’apportaient rapidement leur soutien à la jeune République. Le 12 janvier 1918, Vienne allait justement encourager l’Ukraine dans cette voie en reconnaissant la délégation ukrainienne de Brest-Litovsk comme « indépendante » et représentant de plein droit la République populaire d’Ukraine. Il va de soi que la délégation indépendantiste ne comportait aucun bolchevique, alors que celle des russo-bolcheviques incluait des communistes ukrainiens censés parler au nom du gouvernement fantoche de Kharkiv. En réalité, ni Berlin ni Vienne ne comptaient négocier avec ces « ukrainiens » de Kharkiv et en assurèrent les nationalistes ukrainiens. Certes, les empires centraux n’avaient aucune intention de reconnaître le pseudo-gouvernement de Kharkiv tant que la situation militaire le leur permettrait, mais que serait-il advenu des bonnes intentions de Berlin si les menées bolcheviques avaient abouti avant le début réel des négociations ?

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Pendant que Trotski et Lénine parlaient encore d’émancipation nationale pour les « travailleurs ukrainiens », les gardes rouges et les fusiliers marins du colonel Mouraviev opéraient leur jonction non loin de Krouté, le 28 janvier. L’ancien officier tsariste avaient ordre de massacrer l’antique capitale et mère des villes ruthènes pour ne laisser à Kiev aucune pierre debout si nécessaire. Cela n’empêcha guère un ancien régiment tsaristes plus ou moins ukrainisé de laisser passer les exterminateurs sans la moindre escarmouche. Les jeunes volontaires ukrainiens se trouvèrent alors potentiellement coupés de leurs arrières, tandis qu’à Kiev trois cents fusils petliouriens voyaient leur train saboté par des cheminots communistes. Il ne restait plus qu’à improviser… Sur une assez longue distance, de part et d’autre de la station on creusa de petits abris et l’on s’y coucha en attendant l’ennemi. Au centre, la voie ferrée était tenue par deux trains blindés.

La bataille de Krouté
Un train blindé vers 1918

Les troupes moskaliennes, persuadés que les Ukrainiens s’enfuiraient, se présentèrent sans approche tactique. Seize mitrailleuses les accueillirent copieusement. Les pertes chez l’envahisseur provoquèrent l’arrêt net de l’assaut. L’artillerie bolchevique une fois repositionnée mit hors de combat un des trains blindés. Mais il en fallait plus pour démonter l’aplomb des jeunes lycéens. L’assaillant fut alors pris sous un feu croisé le clouant sur place. Ce petit « cours » de tir accéléré fut interprété par Mouraviev comme une résistance de fanatiques ne pouvant être commandés que par Petlioura en personne! Trouillard comme les gens de son espèce, le colonel préféra ne pas lancer l’assaut final.

La bataille de Krouté
Grégoire Pépskéï, un des 250 jeunes qui laissèrent leur vie à Krouté

Le jeune capitaine Hontcharenko apprit entre-temps qu’une garnison située sur ses arrières immédiats venait de hisser le drapeau rouge. Craignant de se retrouver encerclé, il ordonna à ses cadets de battre en retraite. L’obscurité atténuait l’inexpérience des jeunes, mais le choc des wagons accrochés aux locomotives trahit leur manœuvre. Sans même en attendre l’ordre, les Russes reprirent l’assaut dans la plus grande confusion. Une escouade d’étudiants égarée dans la nuit tarda à rejoindre le train. A son retour, les Rouges étaient déjà maîtres de la gare. Le lendemain on emmena cette trentaine de prisonniers faire un tour derrière un talus. Devant le peloton, les garçons entonnèrent l’hymne ukrainien pour la dernière fois.

La bataille de Krouté
Averky (Aberce) Hontcharenko. Ancien officier de la Garde impériale, chef de bataillon au front en 14-18, médaille de St George, instructeur des cadets puis bras droit de Petlioura à la tête des armées. 25 ans plus tard, officier dans la Division ukrainienne (Galicie) dont il sauvera 2.000 volontaires encerclés par les Soviets.

Ceux qui survécurent à la bataille rentrèrent à Kiev où ils rejoignirent les Haïdamaks encadrés politiquement par Simon Petlioura. La plupart des jeunes héros de Krouté continueront le combat au sein du Corps d’armée zaporogue, mais sans aucun soutien de la part des députés socialistes alors majoritaires et dont les principes idéologiques étaient hostiles au maintien de forces armées, a fortiori formés de volontaires. La création d’une armée ukrainienne prit donc un certain temps, mais n’aboutit jamais à la mobilisation ni à l’entrainement nécessaires pour l’emporter. Socialistes ou pas, cette question en est au même point cent ans plus tard, même si le risque de voir disparaître l’Ukraine indépendante semble moins probable aujourd’hui.

En tant qu’officier tsariste, Mouraviev fusillait l’Ukraine parce qu’elle était révolutionnaire, et en tant qu’officier bolchevique, parce qu’elle tait « contre-révolutionnaire ». Mais dans les deux cas, toujours parce que c’était l’Ukraine. Cette jeune élite l’avait pressenti et s’était jetée dans la bataille. On a parfois écrit que les jeunes de Krouté avaient chargé à la baïonnette. Nul besoin de telles légendes. Le courage et la fidélité de ces cinq cents jeunes héros, dont la moitié ne revinrent jamais du champ de bataille, sont déjà conséquents.

La bataille de Krouté
Des obsèques nationales en hommage aux héros de Krouté eurent lieu à Kiev le 10 mars 1918

S’il n’y eut pas de corps à corps cette nuit-là, les Russes allait bientôt en provoquer un… à leur façon. Des années plus tard, les fusillés de Krouté, inhumés sur la Montagne sacrée de Kiev, près de la tombe légendaire d’Asköld, seront jetés aux ordures et leurs dépouilles remplacées par celles de héros moins gênants. La pelle remplaçant la baïonnette: quel outil plus emblématique de l’occupation russe pourrait-on trouver? Ne l’oublions jamais, c’est en fossoyeuse de l’histoire que la Russie charge et chargera toujours l’Ukraine. ◊

La bataille de Krouté

Sources:

  • Un site dédié, kruty.org.ua, véritable mine d’or (mais en ukr.)
  • Un article wikipédique (fr. et autres)
  • Les souvenirs du cap. Hontcharenko sur kruty.org.ua (ukr.)
La bande-annonce du film « Krouté – les Défenseurs ». Une très bonne chose que le cinéma ukrainien se mettent enfin à parler des événements historiques de 1918. On regrettera toutefois que le héros de cette guerre d’indépendance, Simon Petlioura, y soit incarné par l’anti-héros par excellence, Dmytro Stupka (Dmétro Stoupka) plus connu pour ses rôles dans des films russes et anti-ukrainiens.

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