menu Menu
Les mots de la "crise" 
  
By PanDoktor Posted in propagande, Synthèses on 19 février 2017 18 min read
Histoire du Maïdane Previous Et avec tout ça... Next
Dans ce petit lexique de survie en milieu médiatique nous verrons à quel point le choix des mots forme à lui seul l’essentiel de la propagande franco-russe.

Ce mini-lexique prend en compte non seulement les formules journalistiques communément admises dans les médias français, mais aussi celles des médias et réseaux sociaux russes fidèlement relayés en France. Nous verrons comment la phraséologie soviétique revient à la mode et comment l’argot, aussi bien russe qu’ukrainien, décrit à sa façon les sentiments de la population.

Dans les médias français en crise…

Maïdane vs Coup d’État

Le Maïdane (souvent orthographié Maidan à l’anglo-saxonne) est le point de départ de la fameuse « crise ukrainienne » selon le terme consacré dans la presse française. Crise qui n’est en réalité qu’un énième épisode du conflit pluriséculaire russo-ukrainien. Par une même euphémisation, on appelle aujourd’hui « conflit » l’agression russe et la guerre russo-ukrainienne toujours non déclarée.

Fin 2013, le soulèvement civique de l’Ukraine en faveur d’un avenir plus proche de l’Europe que de Moscou avait d’emblée été présenté dans les médias russes comme une menace pour les habitants de l’Est ukrainien. La rhétorique kremlinoputine (bien relayée par les médias français) qualifiait déjà cette révolution populaire de « coup d’État ». Le 22 janvier 2014, la police tirait pour la première fois à balles réelles pour tuer et choquer l’opinion. Dès le lendemain en Crimée, les autorités locales lançaient Stop Maidan!, une campagne contre-révolutionnaire déjà prête. Le 7 février à Simféropil, des « hommes verts » faisaient mine de bloquer le gouvernement et le parlement de la République autonome de Crimée. Ils ne portaient pas d’insignes, mais hissaient le drapeau russe et laissaient voter les députés en faveur de la Russie. Poutine démentira dans un premier temps, puis en août se vantera d’avoir fait le coup. Entre temps, en mai 2014, le président de la Douma A. Narychkine déclarait même qu’un génocide était à l’œuvre en Ukraine. Excellent prétexte pour justifier l’annexion de la Crimée ainsi mise à l’abri des « fascistes ukrainiens » et autres « judéo-bandéristes » contre lesquels se défendaient les pauvres « russophones« .

Bien que les Français n’en furent jamais dupes, c’était un scénario facile à vendre à ceux qui ne connaissaient rien à la situation linguistique de l’Ukraine et qui, quoi qu’il advînt, n’entendaient guère l’aider contre l’agression russe. 1 Comme tous les autocrates et les anciens colonels du KGB, Vladimir Poutine sait qu’avec les démocraties, il suffit d’attendre, elles finissent toujours par céder.

Les mots de la "crise" 

Russes, russophones, prorusses…

Pour les médias français, les mots Russes et russophones paraissent synonymiques. Or la quasi-totalité de la population ukrainienne est russophone, c’est à dire pratiquant le russe au quotidien sans être russe pour autant. Cette russophonie n’exclut d’ailleurs pas l’ignorance de l’ukrainien, lequel demeure « langue maternelle » pour une majorité d’Ukrainiens, y compris à l’est du pays. Néanmoins depuis des décennies l’habitude de parler russe en société a pris le dessus. L’Ukraine indépendante (et molle) ne s’est jamais attaquée à cette anomalie, sauf brièvement durant la première Indépendance en 1918-1920 et les premières années de l’Ukraine soviétique. Pour résumer, une partie seulement des russophones d’Ukraine se sent vraiment « russe » ou « soviétique » avant de se sentir ukrainienne, mais nos médias semblent ignorer cette réalité sociologique. Une confusion lexicale qui arrange bien Poutine, pour lequel défendre « Russes » ou « russophones » ou encore des « peuples frères » fait partie de la même stratégie sémantique.

En réalité, aujourd’hui de part et d’autre de la ligne de front s’affrontent des unités russophones, et quelle que soit l’issue des combats il est probable que… le russe en sortira vainqueur. Tout d’abord parce que les Ukrainiens sont en apparence russifiés et qu’énormément de Russes ethniques vivant en Ukraine ont pris fait et cause pour leur pays, l’Ukraine. Aussi curieux que cela puisse paraître, la première nationalité étrangère représentée au sein des troupes de volontaires ukrainiens est la nationalité russe.

Si tous les russophones étaient « prorusses », il n’y aurait tout simplement plus d’Ukraine depuis longtemps. Le pays a été largement russifié au cours des quatre siècles d’occupation tsariste puis soviétique, y compris au moyen d’interdictions pures et simples de la langue ukrainienne et d’un génocide particulièrement meurtrier au sein de la paysannerie ukrainienne au début des années 1930. Bien avant les grandes purges staliniennes de 1937, l’élimination physique de l’élite intellectuelle ukrainienne en fut le préalable. Le véritable ennemi de l’Ukraine n’est donc ni le peuple russe ni ceux qu’on appelle russophones, mais bien l’impérialisme russe et la nostalgie stalinienne ouvertement encouragés par la propagande kremlinoputine. La déstabilisation de l’Ukraine par des agents russes, qu’ils soient provocateurs professionnels ou militaires de carrière missionnés en Ukraine, est encore une autre question…

L’expression peuple russophone (calquée sur le russe rousskoyazétchnéï narod) se rencontre sur certains blogs prorusses du… « peuple francophone », mais semble attirer surtout le fond du panier. Sa dimension caricaturale ne lui a sans doute pas permis de percer dans la grande presse. D’ailleurs pas plus en France qu’en Russie.

Séparatistes ou annexionnistes terroristes?

Les « prorusses du Donbass » n’aiment pas beaucoup ce mot en « iste », et les Ukrainiens eux-mêmes emploient à tort le terme séparatistes dans leurs propres médias. En France le terme séparatistes renvoie directement à l’idée de mouvement régionaliste ou indépendantiste, or à strictement parler il n’existait de fait aucun séparatisme en Ukraine avant le Maïdane et il n’en existe toujours pas. Aucune région ne revendique son indépendance, fût-elle linguistique. La Crimée – faut-il le rappeler – a voté pour son rattachement à la Russie, et le Donbass, toujours sous les baïonnettes russes, a voté pour son « autonomie étatique »… mais au sein de la Russie, à en croire les organisateurs du pseudo-référendum de Donetsk et de Louhansk en mai 2014. 2 Quoi qu’il en soit, ni l’Occident ni la Russie n’ont reconnu la légalité de ce vote « populaire ».

Les mots de la "crise" 
Pancho, Canard Enchaîné, mars 2014

Par conséquent, les choses se corsent quand des journalistes français se mettent à parler de séparatistes ukrainiens. On ne comprend plus qui est qui. Mais comme l’a expliqué avec humour le dessinateur Pancho, Vladimir Poutine a voulu séparer la Crimée pour ensuite lui rattacher l’Ukraine! Ainsi les séparatistes et les annexionnistes ne font qu’un, et c’est bien tout le paradoxe.

Le plan du Kremlin est aujourd’hui plus clair. Si Poutine n’a pas décidé de rattacher le Donbass à la Russie, c’est qu’il préfère de loin « fédéraliser » l’Ukraine. Entendez par là : lui mettre un fil à la patte. Une région avec un tel taux de criminalité et une conscience nationale aussi basse sera toujours manipulable à souhait depuis le Kremlin. On peut donc parler de pseudo-séparatistes ou même de séparato-annexionnistes dans le cas des « rebelles » du Donbass, mais certainement pas de séparatistes prorusses, qui plus est ukrainiens. Les Donetkiens n’ont jamais bénéficié d’éducation ukrainienne à proprement parler, sauf dans les villes moins importantes et les zones rurales de la région, où l’ukrainien et la conscience historique ukrainienne n’ont jamais disparu. Avec la guerre du Donbass et l’annexion de la Crimée, l’État ukrainien commence à peine à mesurer l’importance de ces questions.

Fédéralisation

Le discours du Kremlin (repris en chœur par nos philoputins hexagonaux) insiste toujours sur « la voie médiane » qui permettrait une « sortie de crise » ou la fin de la « guerre civile ». Cette voie est présentée sous ombre d’autonomie pour les régions. Mais existe-t-il des États assez faibles pour conférer aux régions un quelconque pouvoir constitutionnel sur les grands choix de la Nation, comme l’entrée dans l’Otan ou l’établissement d’une langue d’État? La « fédéralisation » imposée par Moscou et le couple franco-allemand prévoit un droit de veto dans ces deux domaines. Voilà pourquoi d’authentiques « séparatistes » peuvent aujourd’hui réclamer leur rattachement à la Russie tout en faisant mine d’approuver l’idée d’une fédéralisation.

Le séparatisme donbassien, s’il existe réellement, ne s’est pas encore manifesté. La grande déstabilisation de l’Ukraine débutée fin 2013 a donné naissance à des entités pirates, dites « républiques » de Donetsk et de Louhansk, lesquelles devaient composer avec d’autres « républiques » pirates une grande province russe appelée Novorossia (comme sous la Catherine II) et priver ainsi l’Ukraine de son potentiel industriel et de son littoral. Aucun rapport avec un particularisme linguistique ou ethnique, puisqu’aucune région d’Ukraine hormis la Crimée n’est majoritairement russe. 3

Ligne de démarcation ou ligne de front?

Les documents officiels parlent de « ligne de contact », jamais de ligne de démarcation. La presse en revanche emploie parfois ce dernier terme pour parler de la ligne de front. De fait, après quatre ans de guerre les combats continuent le long de cette ligne de contact. Le 7 novembre 2014, le Cabinet des ministres ukrainien a dressé la liste de 64 villes et villages, dont Donetsk et Louhansk, échappant au contrôle des autorités ukrainiennes. A aucun moment le mot « démarcation » n’est employé dans les documents officiels.

Phraséologie soviétique 2.0

« Aide fraternelle » – Bratskaïa pomoshch

En 1968, l’URSS aidait fraternellement la Tchécoslovaquie en l’envahissant, en 1979 c’était au tour de l’Afghanistan et en décembre 2013 le président russe laissait entendre à son tour qu’il aiderait l’Ukraine fraternellement, la qualifiant alors d’État frère. Poutine n’inventait rien et ne faisait qu’employer les vieilles pratiques langagières et tacticiennes de ses prédécesseurs. Moscou ne vient en aide « fraternellement » qu’aux États fantoches ou satellisés. En russe cet éternel prétexte se nomme bratskaia pomoshch (aide fraternelle) .

Dans une savoureuse compilation de propagande moscovite (Sur le Chemin du Socialisme) Youri Andropov posait même la langue russe en élément essentiel de cette « aide fraternelle ». Autrement dit, aide russe signifie russification puisqu’elle est posée d’emblée comme un préalable. Du reste, aujourd’hui, l’aide fraternelle qu’offre Poutine ne concerne plus tant les États que les zones russifiées ou russophones desdits États. La manœuvre en est toujours la même : des « représentants » officiels émanant de ces régions font une demande officielle. Ils n’ont été installés que pour cela, et cette fois de la manière la plus grossière, à savoir des p’tits hommes verts (soldats non identifiés).

« Junte » – Khounta

Junte de Kiev: c’est ainsi que la propagande moscovite appelle le gouvernement civil et démocratique issu de la Révolution de la Dignité. En clair, de l’Ukraine libérée en février 2014 du régime prorusse et collabo incarné par un des plus gros kleptocrates du pays, le donbassien Viktor Yanoukovitch. Le terme junte (khounta) était apparu au temps de l’agitprop bréjnévienne. Les plus anciens étaient donc familiarisés avec lui depuis longtemps quand il fit son apparition dans les gros titres. Terme neutre en espagnol, mais totalement négatif en russe. Le Larousse russe (dictionnaire Ojegov) définit la junte comme une dictature militaire terroriste issue d’un coup d’État. À l’origine, une « junta » est un conseil consultatif, une union, une alliance. La tradition soviétique confine le mot dans un rôle réactionnaire, voire totalitaire.

Bien formé aux méthodes soviétiques de manipulation langagière, Poutine s’est personnellement impliqué dans la résurrection de ce terme assassin un peu tombé en désuétude après la chute de l’Urss. Le président russe avait, le premier, appelé «junte» le gouvernement provisoire ukrainien nommé juste après la fuite de Yanoukovitch vers la Russie. C’est une junte, une espèce de clique, avait-il dit, bien qu’aucun rapprochement typologique ne l’y eût autorisé: car ce n’est pas un coup d’État militaire qui a renversé l’ancien régime, mais tout un peuple soulevé pacifiquement pour élire un gouvernement civil et démocratique. Ce qui fut fait. Toutefois, junte devint rapidement un mot à la mode côté promoscovite. Il a changé de sens entre-temps et désigne à présent un régime kleptocrate. De ce point de vue, les politiques ukrainiens ne sont pas tout à fait hors de cause. Mais les russes non plus, et vu la part d’anciens du KGB remplissant les plus hautes fonctions du Kremlin, ce terme serait mieux adapté au régime poutinien.

« Tortionnaires » ou Karatieli

Karatieli, du verbe karat’ (punir) fait partie des termes connotés par l’histoire et comme tels difficiles à traduire avec exactitude en français. À l’origine, le mot désignait des bataillons disciplinaires ou des expéditions punitives. Sorti du chapeau des expressions d’extrême gauche apparues au début du XXe siècle en Russie, il est emblématique de la propagande rouge pointant la violence des troupes blanches et par suite celle des envahisseurs nazis. On le retrouve tout naturellement de nos jours pour accabler les troupes ukrainiennes de la « junte » (voir plus haut). Mais selon le camp auquel on appartient, le terme vise tout aussi bien les troupes (pro)russes qu’ukrainiennes. Tortionnaires, fusilleurs, exécuteurs: peu importe les synonymes, pourvu que leurs ennemis apparaissent comme des victimes.

Nouveaux argotismes politiques
et jargon d’experts

Hybression

Dans le jargon des experts en sécurité internationale, ce néologisme anglais basé sur la contraction de « hybrid agression » est revenu en vogue depuis la guerre russe en Ukraine. L’hybression peut être définie comme la stratégie de destruction d’un État par un autre via une combinaison de moyens militaires et non-militaires. Pluridimensionnelle et polydestructive, l’hybression vise à annihiler le potentiel vital de sa cible en l’attaquant de l’intérieur tout en ajustant ses coups de l’extérieur. Une hybression est menée à plusieurs niveaux : politique, militaire, économique, informationnel, humanitaire, etc.. (Lire l’article complet sur ce sujet)

Vatniks

« Patriotes » poutinolâtres, petits derniers de leur chère mère-patrie disparue en 1991. Le terme est d’autant plus péjoratif qu’il pointe du doigt la réalité sociale des vatniks (souvent adulateurs d’un système qui les spolie et les laissent eux-mêmes pour compte) tout en faisant référence à l’indigence du soldat soviétique héroïsé par la propagande russo-soviétique. Autrement dit, être vatnik c’est se vanter de médailles qu’on a pas eues et compenser sa médiocre existence par la « grandeur » de la patrie. Le terme dérive de vata, la fameuse veste kaki doublée de ouate typique de la Grande Guerre Patriotique

Les Vatniks ne sont pas une nation, mais une catégorie. Certes, ils forment trois quarts des Russes et peut-être un tiers des Donbassiens, mais cela n’en demeure pas moins qu’une catégorie mentale d’autant plus infantilisée par la propagande militariste. Synonyme de soviet mental. La femelle du vatnik est la vatnitsa.

« Colorados »

Désigne les vatniks du Donbass ou tout autre envahisseur d’obédience promoscovite. Le doryphore du Colorado, espèce de coléoptère-écornifleur lignée de noir, a donné son nom à cette bébête particulièrement invasive. A l’origine c’est ainsi que les soviets appelaient les « amérloques », les rayures du parasite faisant penser à celles de la bannière étoilée. Aujourd’hui les Ukrainiens y voient celles du fameux ruban de Saint-Georges, une distinction militaire tsariste puis soviétique devenue symbole du Monde russe forcément « héroïque ». Le « kolorade » étant surtout nuisible au cerveau, la lecture et la culture peuvent facilement en venir à bout.  

Cyborgs, Ukropy, Krymnash

[à compléter]

Médias français complices ?

S’appuyant sur le vocabulaire plus que sur les faits, cette propagande pourrait être qualifiée de propagande essentiellement terminologique. Petit exercice dont le principal enjeu demeure la distribution des rôles : mauvais dans le cas des Ukrainiens, bon dans celui des Russes, et indépendant dans le cas des prétendus séparatistes. Parti de rien et n’ayant eu aucun précédent politique, le « conflit » secouant depuis maintenant quatre ans une partie du Sud-est ukrainien, fut dès le début qualifié de « rébellion » en France, tandis que l’Ukraine parlait d’opération « anti-terroriste ». Le choix des termes pour désigner les parties adverses ne fut jamais anodin.

En fait de « rébellion » et d’autonomie pour les « russophones », nous avons affaire au plus classique exemple de « guerre russe », tactique qu’on appelle parfois hybride dans les médias, mais qui avait déjà cours en 1917 et 1918. La Russie ne déclarait pas officiellement la guerre, mais envoyait des hommes et du matériel pour annexer l’Ukraine morceau par morceau. L’histoire se répète.

Cet annexionnisme anti-ukrainien, dont la principale feinte consiste à se faire passer pour un séparatisme autonomiste, qui plus est en vue d’une fédéralisation de l’Ukraine (!) n’est qu’un pur produit du Kremlin. Cette fausse semblance est surtout véhiculée dans les médias par l’emploi de la formule séparatistes russophones ou encore prorusses. Termes à éviter lorsqu’il est question d’annexionnistes anti-ukrainiens. Vu les méthodes employées, ces annexionnistes entrent dans la catégorie des terroristes dont le seul but déclaré demeure la perte de l’Ukraine. Le terme terroristes semble cependant tabou en France, où on ne le réserve qu’à certaines catégories.

Mais qu’elle soit délibérée ou involontaire, l’incompétence des médias français en ce qui concerne l’Ukraine finit toujours par servir les intérêts moscovites. Est-ce irrémédiable ? Pas si on commence à appeler enfin les choses par leur vrai nom.

  1. En janvier 2015, un sondage BVA indiquait que 8 Français sur 10 donnaient raison à l’Ukraine, même si seul un tiers d’entre eux souhaiteraient voir l’Europe lui porter secours !
  2. Déclarations de Denys Pouchiline après le vote du 11 mai 2014 .
  3. La péninsule avait tout de même voté en faveur de l’Indépendance ukrainienne en 1991, et en 1997 par le Traité d’amitié russo-ukrainien le rattachement de la Crimée à l’Ukraine était officiellement reconnu par la Russie.

Annexion Donbass Fédéralisation Hybression Mots Phraséologie Propagande russe Séparatisme


Previous Next

Laisser un commentaire

keyboard_arrow_up