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Les trois Maïdanes 
Chronologie succincte 1990-2014 
By PanDoktor Posted in Chronologie, Maïdan on 14 février 2017 7 min read
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Cette chronologie présente dans leur perspective logique et tragique les trois Maïdanes (ou soulèvements civiques) ayant eu lieu en Ukraine depuis 1990.

Jusqu’au début du XXe siècle, le mot cosaque (ou homme libre) fut synonyme d’Ukrainien. Un autre mot emprunté aux voisins turcophones de l’Ukraine allait marquer l’histoire du pays : maïdane, qui veut dire place. Après un siècle couvert de malheurs, l’Indépendance recouvrée en 1991 n’a cependant guère offert aux Ukrainiens ce « pays de rêve » tant appelé de leurs vœux. Au contraire, l’Ukraine leur apparaissait à ce jour comme un piteux exemple d’État archi-corrompu. Une situation identique dans presque toutes les ex-républiques soviétiques, mais depuis l’Indépendance l’Ukraine manifeste sans doute avec plus de vigueur qu’ailleurs son éternel désir de liberté.

En cours des 25 dernières années, il y eut tout une kyrielle de contestations, les plus importantes d’entre elles pouvant être considérées comme des révolutions. Grâce à ces actions, l’Ukraine rappelle régulièrement son existence au monde. Cette chronologie en résume les principales étapes. Elle sera suivie d’une chronologie de la Guerre russo-ukrainienne (2014- ) publiée dans un prochain article.

Prologue
Premier Maïdane
Conquête démocratique de l’Indépendance

  • 2 au 17 octobre 1990 – Premier Maïdane dit Révolution sur le granite (contestation étudiante)
  • 24 août 1991 – L’Ukraine proclame sont indépendance.

Acte I
Désarmement contre stabilité

  • 5 décembre 1994 – Signature du mémorandum de Budapest. La Russie, les USA et la Grande-Bretagne garantissent l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de sa dénucléarisation.
  • 31 mai 1997 – Signature du Traité d’amitié russo-ukrainien. Sébastopol demeure une base navale russe. Le rattachement de la Crimée à l’Ukraine est officiellement reconnu par la Russie (présidence Koutchma).

Acte II
Réveil de la société civile

  • Septembre/Novembre – 2000 Disparition à Kiev de Gueorgui Gongadzé, 31 ans, directeur du quotidien en ligne d’opposition ukrainien Oukraïnska Pravda. Le journaliste avait affirmé auparavant être sous filature policière. Son corps décapité est découvert. Des enregistrements audio accusent Léonide Koutchma d’avoir commandité son assassinat.
  • Septembre 2001 – Manifestations à Kiev pour la démission de Léonide Koutchma.
  • Octobre 2003 – Sérieux incident territorial entre l’Ukraine et la Russie dans le détroit de Kertch en Crimée (banc de Touzla). Koutchma tient tête.
  • Novembre 2004 – Deuxième Maïdane. La victoire de Victor Yanoukovitch au second tour de la présidentielle est dénoncée comme frauduleuse par son adversaire Victor Youchtchenko et par Youlia Timochenko. Début de la “Révolution orange”. Après l’invalidation des résultats, Victor Youchtchenko est élu président.
  • 7 Février 2010 – Youlia Timochenko est battue au second tour par Victor Yanoukovitch.

Acte III
Grave régression démocratique
Soumission à Moscou

  • Août 2011 – Youlia Timochenko est arrêtée. Cette incarcération rend problématique l’Accord d’association entre l’Ukraine de Victor Yanoukovitch et l’Union européenne.
  • Juin 2012 – Une loi anti-langue ukrainienne est votée par le Parlement “ukrainien”. Le russe obtient le statut de seconde langue d’État, ce qui équivaut à condamner l’ukrainien. Le russe demeure encore à ce jour la langue dominante en Ukraine.
  • Septembre 2013 – Victor Yanoukovitch se prononce en faveur de l’association avec l’UE. En novembre 2013, l’Ukraine vote en un temps record toutes les lois exigées par le Traité d’association.

Acte IV
Second sursaut démocratique ukrainien

  • 21 novembre 2013 – Troisième Maïdane. Victor Yanoukovitch refuse de libérer Youlia Timochenko. Il refuse également son extradition médicale vers l’Allemagne. Malgré les promesses du président, le gouvernement annonce qu’il ne signera pas l’Accord d’association avec l’UE. Commence alors les manifestations pro-européennes le soir même. Début de l’Euromaïdane qui sera rapidement renommé Maïdane ou encore Révolution de la dignité.
  • 24 novembre 2013 – Plus de 100.000 personnes à Kiev en faveur d’un rapprochement avec l’Europe : la plus grande manifestation en Ukraine depuis la “Révolution orange”.
  • 30 novembre 2013 – La police tente de déloger violemment les manifestants de la Place de l’indépendance (Maïdan Nezalejnosti). Essentiellement des étudiants, qui réclament la démission du président.
  • 1er décembre 2013 – Les manifestants occupent la mairie de Kiev et s’en prennent violemment aux Berkoutes (CRS) rue Bankova (résidence présidentielle). Ceux-ci répliquent sans discernement. De nombreux journalistes sont blessés lors de l’assaut.
  • 8 décembre 2013 – La statue de Lénine à Kiev Boulevard Chevtchenko est déboulonnée.
  • 11 décembre 2013 – Échec d’un assaut de la police pour déloger les manifestants du Maïdane, provoquant la mobilisation en masse des habitants de Kiev.
  • 16 janvier 2014 – Introduction de lois draconiennes antidémocratiques.
  • 19 janvier 2014 – Début des terribles affrontements de la rue Hrouchevski.
  • 22 janvier 2014 – La police tire à balles réelles. Trois manifestants meurent dans ces heurts avec la police.
  • 16 février 2014 – Les manifestants cessent leur occupation de l’Hôtel de ville en échange de la libération de 234 prisonniers.

Acte V
SACRIFICE HÉROÏQUE
et VICTOIRE DU MAÏDANE

  • 18 février 2014 – Début de la phase véritablement révolutionnaire du Maïdan. La police tue 26 manifestants dans les rues de Kiev.
  • 20 février 2014 – Des snipers tirent sur la foule. L’Ukraine connaît sa journée la plus sanglante depuis le début des manifestations, avec une centaine de morts à Kiev.
  • 21 février 2014 – Le président Victor Yanoukovitch prend la fuite.
  • 22 février 2014 – Youlia Timochenko est libérée. Victor Yanoukovitch est destitué par le Parlement. La date de l’élection présidentielle est fixée au 25 mai.
  • 23 février 2014 – Le Parlement ukrainien abroge la loi anti-langue ukrainienne du 10 août 2012. Le russe n’est pas interdit, contrairement à ce que relaie la presse, mais il perd son statut officiel (et tout théorique) de « deuxième » langue d’État. En réalité, 8/10e de l’Ukraine parle russe en société. Il ne s’agit en aucun cas d’une langue minoritaire.
  • 24 février 2014 – Un gouvernement provisoire est formé à Kiev (centre-droit) avec l’appui constitutionnel de 371 députés sur 450.

Épilogue
Mise à exécution du plan
de partition moscovite

  • 27 février 2014 – Crimée, Simféropil. Des “hommes verts” font mine de bloquer le gouvernement et le parlement de la République autonome. Ils ne portent pas d’insignes, mais hissent le drapeau russe.
  • 27 mars 2014 – A l’ONU, cent Etats font adopter une résolution soutenant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
  • 01 mars 2014 – Les nouvelles « autorités » de Crimée appellent officiellement la Russie à intervenir. Les deux chambres russes votent le même jour en faveur d’une intervention directe de la Russie en Ukraine et en Crimée. A Donetsk, des « hommes verts » occupent l’Hôtel de Ville. A Kharkiw, le Conseil régional.
  • 04 mars 2014 – Vladimir Poutine dément l’intervention des troupes régulières russes en Crimée lors d’une conférence de presse. Il le reconnaîtra quelques mois plus tard… Pour l’heure, ce sont des « groupes locaux d’autodéfense », indique-t-il.
  • 13 avril 2014 – Début de l’ATO (Opération anti-terroriste). Le président par intérim Alexandre Tourtchynov annonce le début d’une vaste Opération Anti-Terroriste (ATO) incluant armée, forces de l’ordre et unités de volontaires de la Garde Nationale. Il dénonce clairement l’implication des services russes dans les actes de terrorisme qui ont lieu dans le Donbass.

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