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Andreï Sheptétskéï
By PanDoktor Posted in on 18 janvier 2018 3 min read
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L’Ukraine n’a nul besoin qu’on lui ajoute des ennemis, les Ukrainiens le sont déjà assez entre eux, passant leur temps à se haïr les uns les autres, et sans en éprouver la moindre honte… Aussi longtemps que leurs intérêts personnels domineront la vie politique, leur cause commune en restera au même point.

Andreï Sheptétskéï, métropolite de l’Église gréco-catholique ukrainienne, 1942

 

QUELQUES PHOTOS DE ROMAN « ANDREÏ » SHEPTETSKEÏ AUX DIFFERENTS AGES DE SA VIE. SES PROCHES. SES AMIS. PLUS DE DETAILS DANS CET ARTICLE.

Issu d’une très ancienne famille de boyards galiciens convertie à l’uniatisme puis en partie au catholicisme romain, Roman Sheptytskyj voudra retrouver les racines religieuses et nationales que son père avait rompues. À la recherche du « sang » perdu, il trouvera une route pour ainsi dire parallèle et inséparable de sa quête spirituelle. Avec sa double culture et de par sa position, il aurait voulu devenir l’artisan de la réconciliation polono-ukrainienne, compromise par la montée des nationalismes et la radicalisation du contentieux polono-ukrainien au sujet de la Galicie et de la Volynie.

Revenu pour ainsi dire « chez lui », Kyr Andreï de son nom ecclésiastique, mettra au service des Ukrainiens ses titres, ses domaines, ses mandats de député et bien sûr son immense talent d’organisateur (Kyr est l’équivalent de Monseigneur dans les Églises orientales byzantines. Andreï est le prénom slavon de l’apôtre André que Roman Sheptytsky avait choisi en entrant dans les ordres).

Droits civiques, liberté de conscience, protection sociale, santé publique, culture, instruction… la générosité du métropolite ne souffrira d’aucune barrière ethnique ou confessionnelle. Il sera tout de même un ardent défenseur de l’union des Orthodoxes au Saint-Siège, y compris à travers l’idée patriarcale qu’il ne revendiquera jamais officiellement. En 1907, le très conservateur Pie X lui octroiera un statut de quasi-patriarche grâce auquel il fondera en secret non pas le Patriarcat ukrainien, mais l’Église Catholique de Russie, après s’y être rendu sous une fausse identité. Les Frères Bénédictins et Rédemptoristes, notamment francophones, s’adresseront à lui pour créer leur rameau byzantin. Notons que l’Eglise gréco-catholique russe pratique le rite byzantin, aussi bien en russe qu’en ukrainien.

Ses lettres à Hitler (septembre 1941), à Himmler (février 1942) puis à Pie XII (août 1942) dans lesquelles il conjure d’arrêter le massacre, ne sont que le fruit d’une vie entière consacrée au triomphe de l’éthique chrétienne. Né comte Roman Szepticki, le métropolite Andreï n’était pas de ceux qui se contentent de naître pour être nobles.


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