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Sanctions: la France capitule
Une écrasante majorité de sénateurs envisagent une levée des sanctions à l'encontre de la Russie
By PanDoktor Posted in Politique française on 8 juin 2016 5 min read
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Le  Sénat s’est penché cet après-midi sur la levée des sanctions prononcées  il y a deux ans par l’Union européenne à l’encontre de la Russie. Après  un « toilettage » et une apparence moins grossière, le texte  précédemment voté à l’Assemblée nationale en avril dernier, a fini par être adopté par 302 voix et à peine 16 voix contre. 

Une capitulation parlementaire qui s’est déroulée en toute sérénité et sans l’appui convaincant du gouvernement représenté dans l’hémicycle par Harlem Désir. Plus de cinq heures de bavardages pendant que les bombes russes lentement saignent l’Ukraine…

Une fois de plus, la France se dirige vers une politique solitaire, en désaccord total avec les intérêts de l’Europe et du continent. En revanche, quel talent pour faire porter à autrui, en l’occurrence à l’Ukraine, les déconvenues de ses paysans et de ses entrepreneurs ! Deux ans de « crise » en Ukraine qui balaient des décennies de marasme rural. Quelle riche idée de faire porter le chapeau à l’Europe, aux États-Unis, et comble d’absurdité, au pays agressé, plutôt que de résoudre les problèmes structurels de l’agriculture française qui souffrait, souffre et souffrira tant que le pays sera dirigé par des irresponsables. Sanctions ou pas.

Après tout, l’Ukraine n’avait qu’à être plus ordonnée. Plus cohérente. Poutine ne l’aurait peut-être pas attaquée ? Mais qu’importe, la France finira toujours par capituler devant Moscou. L’Ukraine n’y est pour rien. Au prétexte d’épargner les entreprises françaises, ces messieurs dames du Sénat, dans leur grande sagesse ont préféré absoudre Poutine et ses députés complices, plutôt que de répondre dignement aux menées moscovites. La sagesse s’abaissant devant la violence : telle était le tableau ce soir au Sénat.

Les accords de Minsk avaient déjà de quoi effrayer l’honnête Européen. Car contraindre un pays à se morceler et à modifier sa Constitution tout en faisant mine de le défendre, et penser que cela pourrait calmer le bourreau quadricentenaire de l’Ukraine – avouez qu’il fallait une bonne dose de mépris ou de naïveté pour oser commettre un tel « accord ». À présent que Poutine recommence à croire en la France capitularde, les seuls accords applicables demeureront ceux du plus fort. Si jamais l’Amérique fléchit une fois encore, on pourra bientôt dire adieu à la paix en Europe.

Le groupe d’amitié France-Ukraine au Sénat est lui-même divisé sur la question des sanctions. Pire, les sénateurs lucides opposés à cette résolution (voir leurs noms en gras dans la liste ci-dessous) ne représentent même pas la moitié du groupe.

  • BIGNON Jérôme, Les Républicains
  • BILLON Annick, UDI-UC
  • BIZET Jean, Les Républicains
  • DURANTON Nicole, Les Républicains
  • FOUCAUD Thierry, Communiste républicain et citoyen, Vice-Président
  • GATTOLIN André, Écologiste
  • GOULET Nathalie, UDI-UC
  • GROSDIDIER François, Les Républicains
  • HERVÉ Loïc, UDI-UC
  • LABORDE Françoise, RDSE, Vice-Présidente
  • LECONTE Jean-Yves, Socialiste et républicain, Vice-Président
  • LEGENDRE Jacques, Les Républicains, Vice-Président
  • LENOIR Jean-Claude, Les Républicains
  • MAUREY Hervé, UDI-UC, Président
  • MÉDEVIELLE Pierre, UDI-UC
  • MIQUEL Gérard, Socialiste et républicain
  • MORIN-DESAILLY Catherine, UDI-UC
  • REINER Daniel, Socialiste et républicain
  • REVET Charles, Les Républicains, Secrétaire

Il est vrai qu’en scrutant la liste du groupe analogue au Parlement, le mot « amitié » devient vite sujet à caution. Les Mariani, Balkany et consorts ne seraient-ils pas plus à leur place dans le groupe d’amitié franco-russe?

Claude Malhuret :  »
Poutine : 1 ; Europe : 0 ; Ukraine : -1. Voilà le signal qu’envoie cette proposition de résolution. »

Mais je ne voudrais pas donner l’impression de flétrir l’honneur de tout un pays sans témoigner de mon plus profond respect pour ses institutions, ni finir ce mot d’humeur sans rendre hommage aux amis de l’Ukraine qui se sont exprimés devant le Sénat. La colère qui a projeté ces lignes sur cette page n’est rien face à la vraie sagesse, entre autres celle d’un Claude Malhuret, sénateur du groupe Les Républicains. Ecoutons-le.

Comme tous les autocrates et les anciens colonels du KGB, Vladimir Poutine sait qu’avec les démocraties, il suffit d’attendre, elles finissent toujours par céder ; cette proposition de résolution est le drapeau blanc qu’il attendait.

Sur le terrain, rien n’a changé. Ces derniers temps, les choses vont même plus mal en Ukraine, en Abkhazie, dans le Haut-Karabagh ou en Syrie, où Poutine épargne Daech et bombarde ceux que nous soutenons.

La levée des sanctions contredit la feuille de route de Minsk… Il faut s’y tenir, sinon ce serait un très mauvais signal. Votre proposition paraît mineure, à côté de la rédaction tellement choquante de l’Assemblée nationale. En réalité, la concession est majeure. C’est une capitulation devant Poutine.

Les relations franco-russes ne sont pas l’otage des sanctions, mais de la politique russe. Les dictateurs s’arrêtent devant les obstacles, pas devant les ventres mous. Et nous n’avons pas l’excuse de la nouveauté : nous avons déjà connu cela ! Avec cette proposition de résolution, l’Europe s’agenouille devant un dictateur : je ne la voterai pas. (Applaudissements de MM. Hervé Maurey, Jacques Legendre, Jean-Yves Leconte et de Mme Nicole Duranton)

Malhuret Sanctions Sénat


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