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Un Boeing de la Malaysian abattu dans le Donbass
"Ce n'est pas l'armée ukrainienne" dit Porochenko
By PanDoktor Posted in L'Ukraine en danger! on 17 juillet 2014 9 min read
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Un Boeing 777 de la Malaysian Airlines reliant Amsterdam à Kuala-Lumpur a été abattu dans le ciel d'Ukraine, vraisemblablement par un missile sol-air. L'avion civil volait à plus de 10.000 mètres dans les limites du couloir aérien international et transportait à son bord au moins 280 passagers et 15 membres d'équipage. Il n'y aurait aucun survivant. 1

A 16h30 heure locale, le vol MH-17 avait disparu des écrans radars ukrainiens alors qu’il survolait la région du Donbass dans l’est du pays, zone disputée entre l’armée ukrainienne et les forces annexionnistes de Moscou. Depuis trois mois, une guerre de déstabilisation menée par le Kremlin monte en intensité au fur et à mesure que les terroristes et autres agents russes obtiennent de l’armement lourd, lui même de plus en plus sophistiqué.

A 16h30, les habitants des environs de Thorez (contrôlés par les terrorusses) apportaient déjà les premiers témoignages du crash.

Réaction ukrainienne

Le président ukrainien Pierre Porochenko a rapidement réagi, présentant ses condoléances aux familles des victimes, mais en précisant d’emblée sur son compte Twitter qu’il s’agissait bien d’un « ACTE TERRORISTE ». Le président a également pris les mesures nécessaires afin qu’une commission d’enquête internationale puisse intervenir sur les lieux, qui demeurent de facto zone de guerre.

D’après l’armée ukrainienne, les terrorusses n’ont pas laissé les secours intervenir, ils ont au contraire « nettoyé » la zone du crash et récupéré les enregistreurs de vol. La « boîte noire » de l’appareil risque donc de se retrouver entre les mains des services russes assez rapidement. Un des leaders de la république fantoche de Donetsk affirmait dès ce soir que les enregistreurs avaient bien été retrouvés.

D’après le journaliste Youri Boutousov (fondateur de Censor.net) un IL-76 militaire ukrainien se trouvait à proximité de la route suivie par le Boeing abattu. Rappelons à ce propos que ces derniers jours, plusieurs avions de l’armée ukrainienne avaient été abattus par des missiles sol-air dans le même périmètre, soit à partir du territoire ukrainien, soit à partir du territoire russe qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement.

Un Boeing de la Malaysian abattu dans le Donbass

A 17h16, donc peu de temps après la chute de l’appareil, le leader des annexionnistes russes Igor Girkine, alias « Strelkov » (un agent déstabilisateur de carrière) endossait la responsabilité du crash avec une certaine satisfaction. Sur son compte Vkontakte, le facebook russe, il déclarait ceci: Dans la région de Thorez, un AN-26 est tombé en morceaux quelque part derrière la mine « Progress ». On avait pourtant prévenu : ne volez pas dans « notre ciel ». Le coucou est tombé derrière un terril, il n’a pas touché les zones habitées. Pas de civils impliqués. Cette information était reprise dans la foulée de ce message par les grands organes de presse russes.

Or, aucun Antonov 26 n’étant tombé aujourd’hui, il ne pouvait s’agir par conséquent que du Boeing de la Malaysian Airlines. Une fois l’information sur la véritable identité de l’appareil parvenue à Girkine, celui-ci a bien évidemment démenti l’implication des « séparatistes » dans le tir qu’il venait juste de confirmer…

Coup de théâtre ?

Le terrorusse Igor Bezler dit "Bes", le diable, et par ailleurs officier du renseignement russe
Le terrorusse Igor Bezler dit « Bes », le diable, et par ailleurs officier du renseignement russe

Une interception des télécommunications terrorusses opérée par les services ukrainiens et publié sur Youtube aujourd’hui même, démontre de façon limpide et incontestable l’implication des annexionnistes et de l’armée russe dans ce tir « accidentel ». Il s’agit du groupe de « Bes » alias Besler, ressortissant russe, faisant son rapport au colonel Gueranine, officier du renseignement militaire russe. Il y est dit, en substance, que le tir est bien le fait des terrorusses, même s’ils ne pensaient pas viser d’avion civil. Toujours d’après l’enregistrement, le missile aurait été lancé depuis le poste de Tchernoukhine gardé par des « cosaques ». (Plus de détails dans les prochaines heures.)

Ce tragique événement intervient quelques jours seulement après que les autorités ukrainiennes aient informé la presse de l’arrivée de systèmes « BUK » dans le camp terrorusse. Ce sont des systèmes antiaériens sol-air mobiles, capables d’abattre une cible aérodynamique dans un rayon de 45 km et à haute altitude. Il a maintes fois été mis en œuvre au cours des agressions russes, dans le Caucase notamment. Sans surprise, la Russie annonçait aujourd’hui que l’armée ukrainienne venait d’envoyer le jour même des batteries « BUK » dans le secteur.

Réactions russes

Un Boeing de la Malaysian abattu dans le Donbass
Le système BUK sur engin chenillé

La télévision russe a eu le temps de passer un sujet à propos du crash, mais en pensant que c’était un avion militaire ukrainien, confirmant par là même que le tir était bien le fait des annexionnistes. Le président russe Vladimir Poutine a réagi quelque temps plus tard, une fois l’information rectifiée. Il accusait l’Ukraine d’avoir créé les conditions propices à ce crime, car dit-il, ce crime n’aurait pas eu lieu si les opérations militaires n’avaient pas repris. En d’autres termes: si l’Ukraine n’avait pas repris l’offensive… contre ceux-là mêmes qui allait tirer sur un avion civil. Une logique assez particulière qui se passe de commentaires. La propagande russe n’est pas en reste: vers 19.00 heures (heure de Moscou) l’information sur le crash du Boeing de la Malaysian Airlines était diffusée. La chaîne RT (Ria Novosti) lui donnait presque simultanément une interprétation « un peu » différente. Ce n’était plus un tir « séparatiste » mais une bavure ukrainienne, suite à un attentat  manqué contre… l’avion présidentiel de Poutine !

Conséquences internationales

Un "BUK" traversait Thorez le jour même du crash
Un « BUK » traversait Thorez le jour même du crash

Au siège de l’ONU à New York, l’ambassadeur d’Ukraine Youri Seguiyev (jadis en poste en France) a d’ores et déjà présenté les preuves de l’ingérence militaire russe dans l’est de l’Ukraine. A la demande expresse de la Grande Bretagne, le Conseil de sécurité se réunira d’urgence, dès le 18 juillet, à 16:00 (heure de Paris) afin d’examiner la question. Pour le président Porochenko, l’affaire du Boeing abattu place les troubles fomentés dans le Donbass devant la responsabilité internationale. « L’agression extérieure lancée contre l’Ukraine n’est pas seulement notre problème, c’est une menace pour la sécurité européenne et globale. Son élimination nécessite des efforts communs, a-t-il déclaré aujourd’hui lors d’une allocution adressée au peuple ukrainien.


Mise à jour du 18 juillet 2014:

Comme s’il fallait encore ajouter de l’horreur à l’horreur, l’agent Girkine alias « Strelkov » déclarait ce matin sur Vkontakte que l’avion ne transportait pas de passagers vivants, mais des cadavres. Sans doute un scénario hollywoodien pris trop au sérieux…

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel reconnaît l’armement des terroristes comme étant de provenance russe, mais insiste toujours sur le fait que seul le dialogue avec Moscou pourra faire avancer les choses. Elle a par ailleurs émis le souhait que les navires de guerres français de classe Mistral ne soient pas livrés à la Russie.

A l’ONU, lors de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité, les Etat-unis ont mis en doute les capacités des terrorusses à mettre en œuvre ce genre de missiles sans soutien technique extérieur (comprenez, russe). Le président Barak Obama a quant à lui parfaitement compris que le missile avait été lancé depuis le secteur terrorusse. Il a également déclaré qu’aucun de ces criminels ne méritait pas de vivre. Il a entre autres mentionné les chercheurs du SIDA qui non seulement ont trouvé la mort, mais qui de surcroît, ne pourraient plus aider les malades risquant de mourir. 2

Nouvel indice ? Les routes fermées
Quelques heures avant la tragédie, les Russes avaient fermé quatre routes aériennes croisant celle du Boeing malaisien. Ici en noir près de de la frontière ukrainienne
Quelques heures avant la tragédie, les Russes avaient fermé quatre routes aériennes croisant celle du Boeing malaisien. Ici en noir près de de la frontière ukrainienne

L’information est apparue aujourd’hui sur le site du New York Times. Mais sans plus de développements. D’après le journal, quatre routes aériennes russes auraient été fermées dans le secteur quelques heures à peine avant le crash, ce qui accréditerait la thèse selon laquelle la Russie est impliquée non seulement au niveau du matériel, mais également du point de vue de la planification des opérations.

Mise à jour du 20 juillet 2014

Le SBU (services ukrainiens) rend public un autre enregistrement mettant en cause les terrorusses. Cette fois, il sont surpris en train de dissimuler les « boîtes noires » de l’appareil abattu. Les ordres de Moscou sont formels : ne les laisser en aucun cas entre des mains étrangères. La vidéo est traduite en français.

 

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  1. Parmi les victimes on dénombrerait 154 Hollandais, 27 Australiens, 23 Malaisiens, 11 Indonésiens, 6 Britanniques, 4 Allemands, 4 Belges, 3 Philippins et 1 Canadien, dont 80 enfants...
  2. Ils se rendaient à Melbourne pour une conférence sur le SIDA, comme une centaine d’autres personnes à bord. Parmi eux se trouvait Joep Lange, éminent chercheur et humaniste.

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